Un hommage comme un autre


"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis et que de l'horizon, embrassant tout le cercle, il nous verse un jour noir plus triste que les nuits". Ceci est une citation mélancolique de Rimbaud. Commencer un édito par quelques alexandrins d'un poète très connu peut paraitre intello voire ringard mais c'est réellement mon état d'esprit depuis ce début d'année. 2016 va être long.
Mes amis, beaucoup trop de légendes nous ont quitté. Bowie, Prince, Billy Paul: l'addition est salée. Je me sens comme un orphelin. Merde, j'en viens même à leur en vouloir quand je vois ce qu'il reste. Où sont leurs héritiers? Ce trio là, c'était la classe, qui était pas obligé de se dessaper dans un clip ou de faire le buzz pour partager leur talent.
Les temps sont durs où toute valeur part en vrille. Regardez un peu le zapping et vous comprendrez. On y voit des politiciens se foutrent de notre gueule et se contredire tous les deux mois, on y voit aussi des gens qui pour endormir leurs enfants le soir, leur ont installé une télé dans leur chambre en leur indiquant de penser à l'éteindre dès qu'ils sentent le sommeil venir (les enfants ont 6 ans!). Il ne faut pas oublier le "squatteur" de cette hérésie; je veux parler du ridicule Hanouna qui est prêt à n'importe quoi pour faire de l'audimat. Et le pire, c'est qu'il en fait et se permet de le dire haut et fort comme s'il insultait entre quatre yeux Dame Culture. Mettez NRJ 12 une heure et vous verrez avec quoi se nourrit nos ados, ça fait peur.



Alors oui, j'en ai marre de ce folklore incessant où j'en viens à me demander si je suis normal. La culture, en parallèle avec nos parents, nous a éduqué. Le cinéma, au travers de certains films, nous ont procuré des émotions qui nous ont forgé. J'entends les quelques survivants de ce décor ridicule que j'ai planté qui disent "même pas mort, même pas mort" (dixit Renaud). Certes, le Phoenix renait de ces cendres mais bon dieu que le faciès a morflé et son chant n'est plus si harmonieux. N'est pas une légende qui veut.
Alors les amis, finissons sur une note positive. On pourrait très bien rester la "Nuit Debout" mais ça suffit pas. Luttez par la culture: allez au cinéma, lisez, réagissez, transmettez ce que vous savez à vos gosses ou à vos proches. Le partage se perd. Il n'y a pas de petites luttes, cultivons la créativité.
Restons optimiste, apparemment ça se cultive.

Cinématographiquement votre.

Podcast #40 - Batman V Superman


Le combat des super-slips a-t-il vraiment eu lieu?
C'est à notre tour d'affronter cette bête étrange. Je vais m'autoriser un petit avis perso sur cette affaire, si vous le voulez bien. Les critiques qui se sont déversées sur le film de Zack Snyder ont été d'une violence inouïe. Rarement un film récent, issu de la pop culture, aura suscité autant de haine. Alors oui, certaines critiques sont justifiées, notamment concernant les problèmes de cohérence et la caractérisation des personnages, mais de là à dire que le film est le pire du genre "super-héroïque" voire le pire de tous les temps, il y a quand même une marge. Ce qu'il faut dénoncer avant tout ce sont les pratiques des studios qui investissent de plus en plus d'argent dans un nombre de plus en plus limité de projets. Mais aussi, la systématisation des univers partagés qui font que les films deviennent de simples teasers pour annoncer les suivants et non plus des œuvres se suffisant à elles-mêmes. Du coup, on assiste aussi à une radicalisation de la pensée du côté du public. Toucher à des icônes telles que Superman ou Batman relèvera bientôt de l'hérésie. Deux termes religieux dans une même phrase, c'est dire si aujourd'hui on en arrive à des extrêmes des états d'esprits et dans une logique de renfermement sur soi. Des tendances qui vont à l'encontre des fondements même de la pop culture.
Nous avons attendu que la tempête passe pour vous donner notre avis et tenter de prendre un peu de recul sur tout ça.

Au programme ce mois-ci donc...
On attaque avec les petites news (la suite de "Shining" et de "Deadpool", Benedict Cumberbatch, "Warcraft", "Rogue One",...) qui vont durer au moins 1h30! Le point Box-Office sera également de la partie. Ensuite, on débattra du film du mois avant de donner nos coups de cœur et coup de gueule. Enfin, son Altesse from Monaco nous a concocté un petit Quiz spécial Super-Héros.

L'Edito de Raph
Amis d'Un Coin de Ciné, nous revoilà face à un film de super héros aux attentes importantes. Les teasers et les différentes bandes-annonces nous ont mis l'eau à la bouche mais le résultat... Alors c'est sur l'énorme enthousiasme régnant autour de ce fantastique duel ternit outre mesure le rendu de ce film pour lequel on a voulu être original. Et oui ce que vous avez pu voir n'est qu'un morceau d'une œuvre qui ne fera qu'une à la fin de cette trilogie ou série de films. Vous ne comprenez pas ce que je suis en train de dire? Moi non plus, c'est normal et le pire c'est que même les concepteurs de ce film non plus. Le fait de mettre des noms ronflants avec un bon combat rempli de testostérone suffisent à se convaincre que ça a marché mais à la lecture des entrées, on comprend qu'on ne reprendra pas le public à deux fois. La prochaine fois, le bouche à oreille aura tout intérêt à être bon. En espérant que DC Comics/Warner verra tout cela de cette manière et que l'on mettra l'aspect de profits au second plan. Oui je sais, je suis et je resterai un doux rêveur mais il faut avouer que les claques artistiques, on en prend de moins en moins et que c'est souvent dans la simplicité que le succès est au rendez-vous. Ne désespérez pas, Un Coin de Ciné recherche tout cela pour vous.
En attendant, installez vous tranquillement et laissez vous guider pour cette analyse objective d'une déception mesurée. 


La prochaine adaptation de S. King (suite de "Shining")

La première bande-annonce de "Rogue One: A Star Wars Story"




Benedict Cumberbatch vient faire un petit coucou dans un comics shop new-yorkais





On vous laisse donc avec ces 2h30 bien fournies d'émission qui, on espère, vous plaira. Le film du mois prochain n'est pas encore choisi (peut-être "Captain America: Civil War"...) mais on sera présents en mai.
Vous pouvez nous retrouver sur iTunes, Facebook et sur nos comptes Twitter (Raph / Lo).

Pour télécharger l'épisode, c'est par ici en MP3.

Sur ce, portez-vous bien, allez au cinéma et on vous embrasse.
Rendez-vous en mai pour un prochain numéro!.


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Podcast #39 - The Revenant


Enfilez votre chapka, ça va saigner.
Chose promise, chose due, c'est donc l'heure pour nous de vous livrer le second épisode de mars. Et quelle manière, puisque on s'attaque au monument The Revenant d'Alejandro G. Iñárritu. L'histoire vraie du trappeur Hugh Glass (L. DiCaprio) dans l'Amérique profonde croisant la route d'indiens redoutables et surtout d'une maman ours qui va lui coller la dérouillée de sa vie. Autant dire une belle claque dans la tronche! Une telle proposition de cinéma se devait d'être traitée chez nous. Alors on se lance!
Son Altesse Royale de Monaco étant alitée, c'est donc un petit podcast classique à deux. Mais pas de panique, on vous a préparé un beau programme.

Au programme ce mois-ci donc...
Du classique avec des petites news (pas) forcément utiles pour démarrer, suivies du point sur le Box-Office. On donnera nos points de vue sur le film, avant de se lancer dans les Coups de Coeur/Coups de Gueule.

L'Edito de Raph
C'est sur des sommets cinématographiques que l'on vous retrouve.
Enfin loin derrière nous les films médiocres, enfin loin derrière nous tous ces scénarios vus et revus pour lesquels on connait déjà la fin. Ce que je retiens de ce film, c'est une phrase qui va faire écho pour longtemps dans ma vie "Tant que tu respires, tu te bats". Je trouve ce dicton très bien adapté à son acteur que j'appellerai bien affectueusement Léo et à qui je m'adresse très humblement en guise d'hommage.
Ahh, hormis les cris d'idolatrie des jeunes pubères à l'époque de Titanic, les Ocars t'avaient fait comprendre que ce serait difficile de le ramener sur ta cheminée. Mais "Tant que tu respires, tu te bats". Avant cela, tu avais réalisé une performance magistrale au point de te transformer en jeune adolescent trisomique mais les Oscars n'allaient pas offrir leur trophée à un jeune boutonneux? "Tant que tu respires, tu te bats". Tu as tourné avec les plus grands; Cameron, Spielberg, Scorsese, Eastwood, Tarantino, Nolan... et là encore on notera que c'est encore insuffisant. Jugé perfectionniste, difficile à diriger, c'est de la manière la plus simple et surtout sans esprit de revanche que tu as récupéré ton Grâal tant mérité. Il ne te reste plus qu'à investir dans un efficace dépoussiérant et surtout d'éviter de regarder ta glorieuse filmographie à la dorure de ce trophée car "Tant que tu respires, tu te bats".
Mes chers amis l'analyse du film qui aura sacré Mr DiCaprio (un intime désormais) c'est à suivre dans ce podcast.
Cinématographiquement votre

90 ans pour Jerry Lewis


La chaîne Youtube "The Grand Test" et ses théories sur Game of Thrones notamment


Le court-métrage "Darth Maul: Apprentice"


 Quel regard malicieux...


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Prenez soin de vous, allez au cinéma et rendez-vous pour l'épisode d'avril.


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Un point de vue comme un autre: MUSTANG


Chers amis d'Un Coin de Ciné je vous salue une nouvelle fois bien bas.
A force d'entendre une critique unanimement élogieuse et des nominations aux Oscars et Césars qui ne cessent de pleuvoir, ma curiosité m'a conduit vers ce film au nom de cheval fougueux.

Ce film se déroule dans un village reculé de Turquie où cinq sœurs en rentrant de l'école vont provoquer, en jouant simplement avec des garçons, un scandale qui va jouer sur leur avenir. Leur quotidien va se transformer en une véritable prison qui va les éloigner de l'école et de leurs libertés pour devenir des parfaites petites femmes bonnes à marier. Mais ces cinq sœurs décident de repousser ces limites...


Ces cinq sœurs sont élevées par leur grand-mère qui a bien du mal à les gérer. C'est ce qui leur a permis de s'émanciper et de s'ouvrir à d'autres mœurs que celles imposées par son village mais aussi de créer un lien fusionnel entre elles.
Cette joyeuse petite famille est accompagnée de leur oncle qui correspond à la parfaite définition du tyran. Il viole un peu qui il veut le soir et décide d'arranger certains mariages avec ou sans consentement.

A la lecture de ce synopsis, on se dit que l'on peut facilement tomber dans le mélodrame, la dramaturgie. Mais que nenni, la réalisatrice filme simplement sans aucune violence physique apparente. Elle fait le choix de suivre constamment la dernière des sœurs pour nous imprégner au mieux de l'ambiance pesante régnant dans cette famille et cela fait mouche. On se sent mal à l'aise par rapport à certaines situations, on devient révolté: la réalisatrice nous plonge vite dans l'émotion comme si nous étions l'une d'entre elles. On les voit se chamailler, se séparer au fur et à mesure et se retrouver pour une circonstance bien particulière et tout cela avec une douceur et une sensibilité absolue (j'aurai presque eu envie de dire féminine).


Ce film reste puissant et pas une seule fois il n'y a de temps mort. Le dialogue est peu présent mais les images font bien leur travail.
C'est mon gros coup de cœur pour moi pour cette année et j'ai hâte de voir les films (Le fils de Saul, Fatima) qui l'ont devancé lors des dernières cérémonies. Je vous conseille donc vivement ce film et je lui attribue un 4 sur 5 sur notre échelle de notation.

A très vite pour un prochain podcast.

Podcast #38 - Ave, César!

 
Ceux qui vont débattre de toi te saluent.
Nous ne pouvions pas passer à côté de ce petit événement de février: Le nouveau cru des frères Coen, Ave, César! C'est bizarrement une première chez nous, les films des frangins étaient passés entre les mailles du filet jusque là. Alors, on y remédie et c'est en compagnie de Seb "from Monaco" bien sûr.  
Pas d'épisode en février mais on rattrape notre retard puisque pour ce mois de mars, vous aurez droit à une double dose d'Un Coin de Ciné! Et oui, on est comme ça.
Si vous parvenez à arriver au bout de ses 3h de podcast, c'est que vous vraiment des machines de guerre et vous avez tout notre respect. Par avance, nous prions pour vos oreilles.

Au programme ce mois-ci donc...
Un long retour sur le palmarès des Oscars et des Césars, avec un petit crochet par les Razzie Awards était obligatoire. Pas beaucoup de news intéressantes mais nous vous avons fait un petit tri. L'analyse du Box-Office évidemment, avant de parler du premier film du mois. Les coups de coeur/coups de gueule seront également au rendez-vous. Et pour finir, un long Quiz ciné concocté par Son Altesse Royal. Alors heureux?

L'Edito de Raph
Amis d'Un Coin de Ciné, l'heure des récompenses est arrivée. Le bilan reste quelque peu prévisible tant les calculs de chacun ont été minutieux. Je veux bien évidemment parler du jeu de dupes orchestré de main de maitre par les producteurs, studios et distributeurs qui calibrent au jour près leurs produits, et on parle de films malheureusement, pour être le plus oscarisable possible. Il faut malgré tout mettre au crédit des Césars cette absence de calculs même si là encore quelques surprises sont à déplorer. Il me semble que l'on oublie assez souvent que la loi du marché est faite par ceux qui se rendent en salles. Combien de films à succès ont-ils été oublié de ces cérémonies sous prétexte qu'ils étaient trop comiques ou populaires? L'audimat des Césars tombent en désuétude, ça fait presque rire plus personne sauf ceux qui y sont, on récompense le film "éthnique" du moment (TIMBUKTU, FATIMA) puis on vanne le ministre de la Culture en se disant que l'on est pas dans le moule de la société avant d'aller lui cirer les chaussures en coulisses avant de partir.
Chez Un Coin de Ciné, on a décidé de parler librement de Cinéma et du monde fou qui l'entoure. Plongez-vous sans tarder dans ce podcast long mais au combien instructif.
Cinématographiquement votre...



Léonardo DiCaprio enfin récompensé aux Oscars



Lancement du Crowdfunding pour Christian Philibert et son film sur Massilia Sound System. Pour participer c'est par ici



Le premier titre du "Lost Themes II" de John Carpenter (sortie le 15 avril)






Au second plan, notre public du soir...


Une soirée sponsorisée par les infusions de notre maison de retraite locale

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Prenez soin de vous, allez au cinéma et on vous donne rendez-vous très vite pour le second épisode du mois de mars.



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Un point de vue comme un autre: CHOCOLAT



Amis d'Un Coin de Ciné, je vous souhaite une nouvelle fois bien le bonjour.
Je me ferai, pour cet article, votre Monsieur LOYAL de ce "CHOCOLAT" tant attendu et déjà adoubé par toute la sphère cinématographique française. Bien évidemment, et comme vous l'avez deviné, toute cette publicité et ce plébiscite ont éveillé ma curiosité.

Roschdy ZEM, pour sa quatrième réalisation, nous retrace l'histoire du premier clown "noir" (Chocolat joué par Omar SY) de la Belle Epoque Parisienne et du duo inédit qu'il forme avec Footit (James THIERREE). Outre ce succès, ce film se montre plus intimiste dans la vie de ce binôme et notamment sur les dérives de notre personnage principal qui entraineront sa chute.

Mon avis reste mitigé sur ce film. Le scénario et la mise en scène restent linéaires (ce qui est le grand défaut des biopics) générant ainsi quelques longueurs. Roschdy ZEM fait le choix d'axer son film essentiellement sur CHOCOLAT. On peut penser que l'on va tomber dans la traditionnelle oppression raciale mais notre réalisateur joue habilement avec nos sentiments. Sur presque toute la durée du film, on tombe dans le même piège que le personnage joué par Omar SY qui pense n'être qu'un clown de foire, subissant discrimination raciale (et le film insiste quand même lourdement là-dessus) et souhaiterait surtout être considéré comme un réel artiste. C'est ce que du moins notre ami CHOCOLAT pense car il s'avèrera que ce dernier recherchait tout simplement qui il était réellement et j'ai trouvé assez habile cette "pirouette".
On sent aussi une similitude entre CHOCOLAT et Omar dans cette volonté de se détacher de cette étiquette d'humoriste et c'est ce qui m'amène à la même conclusion sur ce sujet: le chemin est encore long, ne perdez pas espoir, vous êtes sur le bon chemin...


Je regrette beaucoup que notre réalisateur n'ait pas plus insisté sur la relation entre CHOCOLAT et FOOTIT. Ce deuxième n'est pas assez mis en avant et garde trop de part de mystère alors qu'il reste le moteur et l'instigateur de ce duo.
Cela m'amène d'ailleurs au gros point positif de ce film, j'ajouterais même "coup de cœur"; je veux parler de James THIERREE. Pourquoi n'a t-on pas vu cet acteur avant? Pour rappel, il est le petit-fils de qui déjà???? Charlie CHAPLIN!!!!!! Quel lourd poids sur les épaules à porter d'autant plus lorsque son personnage est un clown (comme Charlot). Ce n'est pas ce qui a effrayé cet acteur car il éclabousse ce film de son talent d'où la difficulté pour Omar SY à se distinguer. James THIERREE dégage une puissance scénaristque, passant du clown burlesque hyper drôle à l'homme meurtri par un très et trop mystérieux passé. Le film y aurait gagné en mettant beaucoup plus  en avant ce personnage.

3,5 étoiles sont généreusement données pour ce film histoire de vous donner envie de découvrir le coup de cœur que j'ai eu dans ce casting.

Cinématographiquement votre...

Raph


L'Avis Totalement Subjectif: Spotlight


Alors les amis, les Oscars sont tout proches. Et le film que nous allons traiter est sans conteste l'un des grands favoris. Tant le sujet qu'il traite, s'attaque à une des valeurs mêmes de l'Amérique et l'un des piliers de son fonctionnement. Nous allons donc nous atteler à un film qui se pose là comme le petit coussin douillet sur lequel on se pose pour crier notre indignation.


De quoi ça s'agit?
Une équipe de journalistes du Boston Globe tente de mettre à jour de sombres affaires de pédophilie au sein même de l'Eglise Catholique. Ce scandale va alors déclencher un séisme retentissant et donnera lieu à de nombreuses révélations à l'échelle mondiale.

Une fois le synopsis révélé, il n'y alors pas grand chose à rajouter. Tant le film s'évertue à n'être que cela et rien d'autre. C'est bien le propre des histoires tirées de faits réels, pour celles que l'on connaît, en tous cas.
La mise en place, le déroulement et le dénouement sont déjà connus, il ne reste alors qu'une seule chose à voir: la façon dont est montré le tout à l'écran. Sur ce point précis, le film va tout droit, sans accroît, sans détour vers une révélation inéluctable, vers une vérité implacable. Le côté "procédure" du récit est d'une efficacité sans faille, et démontre de manière très limpide le comment du pourquoi.
Grâce à un casting parfait, Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams et un Liev Schreiber tout simplement impérial qui, en ne faisant rien, dégage un charisme juste hallucinant, le caractère des personnages arrive à émerger malgré tout. Car, il faut bien le dire, l'accent n'est pas vraiment mis sur eux ou leur évolution. C'est parce que les acteurs sont géniaux que leurs personnages existent. Reste alors la mise en scène, et qui, hormis un montage précis et tendu, est d'une platitude sans nom.
Si le réalisateur Tom McCarthy donne comme influences principales les grands films d'investigation, il n'arrive jamais à en retranscrire l'ampleur. Spotlight reste avant tout un hommage old school au journalisme d'investigation et ne fait jamais de réelles propositions de cinéma. Les films tels que "Révélations" de Micheal Mann ou "Les Hommes du Président" d'Alan J. Pakula avaient de vraies audaces cinématographiques, des évolutions profondes des personnages, les confrontant frontalement  au système qu'ils attaquaient, et de vrais conflits. Des références écrasantes qui se posaient en grands remparts au système en place.


Au final...
Un montage millimétré, une authenticité, un sujet fort, des acteurs impeccables, il y a ça dans Spotlight. Mais tout cela, aussi imparable soit-il, aurait-il dû être autant conventionnel dans son fond et que dans sa forme? Ne fallait-il pas que Tom McCarthy se donne les moyens de déstabiliser le spectateur pour mieux lui faire ressentir l'abomination qu'a pu être cette histoire?
Spotlight est un film "oscarisable" uniquement que pour son sujet. Il est un film rassurant et très moral mais ne propose jamais autre chose que son sujet et sa vérité imparable.
Une indignation sincère, certes, et pour laquelle il y aurait eu tellement plus à dire.


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